Article original / Original Research Paper Publié en décembre 2025

Travail à horaires atypiques chez le personnel de santé : impact sur la santé et le bien-être socioprofessionnel

Auteurs et Affiliations

Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie
École Supérieure des Sciences et Techniques de la Santé de Tunis, Tunisie
Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie
Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie
Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie

Résumé

Introduction : Le travail à horaires atypiques (THA) notamment le travail de nuit et le travail posté, concerne près d'un cinquième de la main-d'œuvre mondiale et constitue une nécessité structurelle du secteur de la santé pour assurer la continuité des soins. En désynchronisant l'horloge biologique, il expose toutefois les professionnels à un risque accru de troubles du sommeil, de morbidité cardio-métabolique et psychique, et de difficultés socio-familiales. Cette étude visait à décrire le retentissement du THA sur la santé et le bien-être socio-professionnel du personnel de santé du Grand Tunis, et à en dégager des pistes de prévention.

Méthodes : Étude transversale, descriptive et multicentrique menée entre février et mai 2024 auprès de 127 professionnels de santé exerçant un THA dans vingt et une structures publiques et privées du Grand Tunis. Les données ont été recueillies par un questionnaire anonyme auto-administré, incluant le Leeds Sleep Evaluation Questionnaire (LSEQ) pour l'évaluation qualitative du sommeil et la Perceived Stress Scale (PSS) pour la mesure du stress perçu.

Résultats : L'échantillon, à prédominance féminine (57,5 %), d'âge médian 29 ans, était composé essentiellement d'infirmiers et d'instrumentistes exerçant un travail posté (81,9 %) ou un travail de nuit (90,6 %). Le THA était perçu comme retentissant sur la santé dans 88,9 % des cas, dominé par la fatigue (88,4 %) et les troubles psychiques (45,9 %). La durée moyenne de sommeil après une garde de nuit était de 5,8 heures, avec un sommeil qualitativement altéré au LSEQ (endormissement difficile, sommeil fragmenté, réveil laborieux). Un stress perçu modéré ou élevé était rapporté respectivement par 59,7 % et 39,5 % des participants. Le THA perturbait la vie familiale dans 85,6 % des cas et la vie sociale dans 87,2 % des cas.

Conclusion : Le THA a un retentissement significatif et multidimensionnel sur la santé du personnel de santé, cohérent avec les données de la littérature internationale sur le risque cardio-métabolique, psychique et cancérologique du travail posté. Une stratégie de prévention structurée, associant aménagement organisationnel et suivi médical renforcé, est nécessaire pour en limiter les effets.

Travaux des co-auteurs (21)

4 co-auteur(s) répertorié(s)
E

E. Baraketi

Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie

3 article(s)
J

J. Hsinet

Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie

8 article(s)
N

N. Khouja

Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie

4 article(s)
A

A. Benzarti

Service de Médecine du Travail, Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie ; Faculté de Médecine de Tunis, Université Tunis El Manar Tunis, Tunisie

6 article(s)