Article original / Original Research Paper Publié en septembre 2022

Qualité du sommeil chez les médecins stagiaires atteints de COVID-19 lors de la 2ème vague : Étude à l’hôpital Charles Nicolle

Auteurs et Affiliations

Service de Médecine du Travail et de Pathologies Professionnelles, CHU Charles Nicolle, Tunis
Service de Médecine du Travail et de Pathologies Professionnelles, CHU Charles Nicolle, Tunis
Service de Médecine du Travail et de Pathologies Professionnelles, CHU Charles Nicolle, Tunis

Résumé

Introduction : Au cours de la deuxième vague de COVID-19 en Tunisie, plusieurs plaintes physiques et psychiques ont été rapportées par les malades suite à leur infection par le virus du SARS-CoV-2. Dans ce cadre, cette atteinte virale a été mise en cause dans la détérioration de la qualité du sommeil. Dans ce travail, on s’est proposé d’évaluer la qualité du sommeil des stagiaires en médecine de l’hôpital Charles Nicolle ayant été atteints par le virus du SARS-CoV-2.

Méthodes : Etude descriptive transversale, auprès des stagiaires en médecine de l’hôpital Charles Nicolle, atteints de COVID-19 pendant la période allant du mois de juillet 2020 au mois de novembre 2020. La qualité du sommeil a été évaluée par le questionnaire de « Pittsburgh Sleep Quality Index [PSQI] ». L’enquête était faite par un même médecin suite à un entretien téléphonique entrepris au mois d’avril 2022.

Résultats : Au total, 53 médecins stagiaires avaient participé à l’enquête, soit un taux de réponse de 77%. L’âge moyen était de 29,4 ± 3 ans et le sex-ratio (F/H) de 3,07. Aucun antécédent psychiatrique n’a été retrouvé. Les résidents représentaient 67% de la population et travaillaient dans des services de chirurgie générale et d’anesthésie-réanimation dans respectivement 21% et 7% des cas. Parmi ces stagiaires, 42 assuraient des gardes de nuit avec une moyenne de 5±3 gardes de nuit par mois. Une perturbation significative du sommeil était constatée dans 85% des cas. Une durée du sommeil inférieure à cinq heures par nuit était retrouvée chez 15% des cas. Six participants avaient déclaré avoir eu recours à un médicament facilitant le sommeil (à raison de 3 à 4 prises par semaine). La perturbation du sommeil a été significativement corrélée au tabagisme (p=0,04), à l’absence d’une activité physique (p=0,016), aux spécialités chirurgicales (p=0,019) et à la prise de plus d’une dose de vaccin contre le SARS-CoV-2 (p<10-3). La prise de médicament facilitant le sommeil était associée à un nombre d’infections COVID-19 supérieur à un (p=0,037) et à la prise de plus d’une (p=0,043) ou plus de deux doses vaccinales (p=0,058).

Conclusion : Une perturbation significative du sommeil a été constatée chez la série de cas étudiés. De nombreux facteurs étiologiques peuvent être en cause. Des actions correctrices et une étude complémentaire sur de plus grands échantillons s’avèrent nécessaires.

Travaux des co-auteurs (85)

2 co-auteur(s) répertorié(s)
I

I. Youssef

Service de Médecine du Travail et de Pathologies Professionnelles, CHU Charles Nicolle, Tunis

39 article(s)
N

N. Ladhari

Service de Médecine du Travail et de Pathologies Professionnelles, CHU Charles Nicolle, Tunis

46 article(s)